Camzer et la nouvelle lettre
Je t’écris d’un matin comme je les aime, le ciel est bleu, il fait frais, je suis enroulée dans un plaid sur la terrasse, au soleil. Un verre d’eau d’un côté, un café de l’autre.
Ô période heureuse, pleine de couleurs vermeille et de tarte aux pommes !
Je n’ai jamais su dire si c’est parce que l’arrivée de l’automne était marquée par mon anniversaire, mais j’ai toujours ressenti l’envie de faire un point d’étape à ce moment là de l’année.
Peut-être est-ce seulement parce qu’enfin, je sais que l’été est bel et bien terminé, qu’on en a fini de ces atroces semaines caniculaires à ne se nourrir que de pastèque farineuse et à vivre dans le noir pour se protéger au mieux des rayons UV et des pics de pollution. A chaque été me vient l’idée que c’est l’été le plus « frais » que l’on aura vécu à partir de cette année et je ne vais pas te mentir, c’est nul.
Mais enfin, peut-être est-ce aussi parce que je suis une indécrottable fille du nord, malgré la couleur de ma peau et mes origines qui sentent l’huile d’olive. Il semble que je tienne cela de ma mère, italienne pure souche, qui me tient mordicus ce discours :
les cheveux blonds des gens en Italie, ça vient du fait que les vikings sont passés par là, si ça se trouve on est vikings à la base !
Mes cheveux sont noirs comme la nuit mais je n’ose pas la contredire. Et si elle avait raison ?
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