LETTRE AU PERE NOËL

J'ai un peu la flemme d'écrire en ce moment. J'ai un peu la flemme de tout, mais je crois que ça a un lien avec le fait que je me suis cassée le poignet et suis donc : bonne à rien

Camzer & la nouvelle lettre
4 min ⋅ 01/12/2025

Malgré ça, il était temps que je t’écrive.

Car, cher toi,

Ca y est. C’est Noël !

Traditionnellement là d’où je viens, c’est avec la Ste Catherine le 25 novembre qu’on lance les hostilités. La Ste Catherine, ça n’a rien à voir avec Jésus, mais plutôt un lien avec l’hiver, puisqu’on y célèbre la fin des vendanges et la vente des dernières récoltes. Un peu plus glauque, les Catherinettes sont les femmes célibataires qui ne sont toujours pas mariées après 25 ans, elles sont « exposées » pardonne moi l’expression, se font des chapeaux immenses et reconnaissables de loin (je te laisse aller assouvir ta curiosité via ce brillant reportage), pour qu’un beau prince charmant à l’accent haut-saônois vienne les libérer. Je crois. Et tout le monde repart avec son petit cochon en pain d’épices, à défaut de repartir avec une véritable bestiole comme jadis, à engraisser pendant toute la saison froide. Tout ça est très décousu j’en conviens, mais que veux-tu, c’est pas moi qui écrit les histoires de France.

Une fois les traditions bizarres notées, la Ste Catherine, c’est surtout le moment d’installer les décos, d’aller voir les vitrines des Galeries Lafayette, de faire du pain d’épices et d’écouter Fitzgerald chanter qu’il fait froid dehors.

C’est une lettre tâchée de chocolat chaud (même si j’admets n’écrire ça par amour de l’image — je déteste le chocolat chaud—), une lettre qui sent la poussière des cartons marqués au feutre indélébile NOËL que l’on ressort. Une lettre qui sent le sapin, une lettre qui n’arrive pas à dormir d’excitation. Une lettre où l’on regarde par la fenêtre dans l’espoir de voir de la neige tomber doucement. Cher Père Noël, je t’écris parce qu’envers et contre tout, je continue à aimer Noël. 

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Camzer & la nouvelle lettre

Par Camille Garcia