Pour célébrer le printemps (qui n'est pas vraiment maintenant mais y'a plus de saison)
Je ne sais pas comment ça se passe par chez vous, mais ici tout le monde est de sortie pour profiter du beau temps. Les terrasses sont pleines à craquer — du moins celles où passent quelques rayons de soleil, laissant les cafés à l’ombre seuls avec beaucoup de temps pour les boss de réfléchir à tous les mauvais choix de leur carrière. La météo prend toute la place dans les conversations — ça va ? oh oui, tu sais du moment qu’on a le beau temps… Bref, nous sommes le 03 mars 2025, c’est le printemps.
Avec le soleil, les humains éclosent comme les bourgeons qu’on peut apercevoir le long du canal. Ca sent bon. Quand je cours, c’est presque désagréable tellement ça me prend le nez. Après je me souviens que je préfère ça aux odeurs de gaz d’échappement et je souris. Les couleurs fades et ternes que j’aime tant laissent place aux mimosas, aux camélias et autres narcisses. Tout se transformera petit à petit en une peinture impressionniste d’ici quelques semaines.
En ville, je me réfugie dans les cimetières. Ne les prenez pas à la légère ! Les cimetières sont parfois des endroits extrêmement fleuris —avec des vrais fleurs j’entends, pas les fausses orchidées qui datent de la date de l’enterrement de la personne ci-dessous et que personne n’est venue changer depuis. J’adore les cimetières. En randonnée ils sont un point de repère pour se réapprovisionner en eau et faire une pause. C’est le seul moment où on apprécie retrouver la civilisation, quoiqu’un peu…endormie. En ville, dans la vie de tous les jours, les cimetières sont la promesse d’un endroit silencieux, où les insectes font la conversation aux squelettes. Là où j’habite, il en est un qui surplombe un peu tout le reste. Les morts ont le plus beau point de vue. Je viens en profiter avec elles et eux. Une femme lit un livre sur le banc d’à côté. On se sait. Ca sent bon, le soleil est doux, l’herbe est verte, les bruits me parviennent de loin. Ca sent bon.
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